Walf Grand-Place : Récemment, la presse vous a évoqué votre mariage avorté avec une star du mannequinat. Qu'en est-il réellement ?
Waly Ballago Seck : Parler de mariage avorté, c'est grave. Si je devais me marier, ceux qui doivent le savoir le sauront. Et vous avez le droit de me poser des questions. Mais j'ai aussi le choix entre répondre ou ne pas répondre. J'ai choisi de ne pas répondre, c'est ma vie privée.
Mais, on vous a quand même vu en photo avec la fille en question ?
Je n'ai partagé qu'une seule photo avec cette fille. C'était lors d'un spectacle. J'étais là-bas pour jouer en play-back. On m'avait engagé et payé un cachet comme les autres artistes qui y étaient. J'ai pris une photo avec elle. Et cette photo, il n'y a que trois personnes qui l'ont. Il s'agit de Mansour d'Icône Magazine, la fille en question et moi-même.
Et depuis ce spectacle, vous ne l'avez plus revue ?
Je ne réponds pas, c'est ma vie privée.
Dans une interview, vous disiez qu'une des filles de Ben Bass Diagne était votre amie, votre confidente. Et pourtant il est dit que c'est votre petite amie ?
Ce serait irrespectueux de fréquenter une maison, de sortir avec une fille que ses parents soient au courant et après venir soutenir publiquement que c'est juste une amie. Je respecte trop ses parents pour faire cela et ces derniers ne me laisseraient d'ailleurs pas faire. Et je veux que cela soit clair, c'est la dernière fois que je parlerais de cette fille dans une interview. Que l'on ne me parle plus d'elle dans un entretien. C'est mon amie, basta. Je prie pour qu'elle ait un bon mari et elle me souhaite autant. Son père est un grand homme dans ce pays et elle ne mérite pas qu'on assimile son nom à certaines choses.
Etes-vous fiancé ?
C'est ma vie privée, je n'en parle pas.
Et pensez-vous alors au mariage ?
Je viens de sortir ma production et c'est la seule chose à laquelle je pense actuellement. Je n'ai de temps pour rien d'autre. Je suis concentré sur cela.
Mais votre Papa vous avez donné un ultimatum d'une année, il y a six mois de cela pour que vous vous trouviez quelqu'un.
Il me reste encore six mois. Et tout peut se faire. L'histoire retiendra qu'avant la fin de l'ultimatum, je le ferais.
Pourquoi attendre que votre papa vous donne un délai?
Thione Seck mérite de donner des ordres à ses enfants et qu'ils les exécutent sans piper mot. Et Waly Seck le fera. D'ailleurs, mon père n'a jamais exigé que je me marie. Il a clairement dit : «je souhaite que Wally trouve une fille et qu'on la lui donne en mariage d’ici une année.»
On entend Waly parler souvent de son papa mais jamais des frères de ce dernier qui sont pourtant artistes. Pourquoi ?
J'entretiens avec les frères de mon père la même relation qu'un fils peut entretenir avec son père. Ce sont mes papas et je n'y peux rien. Peut-être qu'ils n'ont pas souvent le temps car ils travaillent. Et moi je ne veux pas non plus les déranger. Ils sont contents de ma présence sur la scène. Je ne les fréquente pas parce qu'ils sont plus âgés que moi et qu'ils sont très pris. Nos discussions ne sauraient sortir du cadre professionnel.
Pensez-vous réconcilier ton père et ses frères ?
Je suis trop jeune et trop petit pour mettre ma langue dans cette affaire.
Et avec le fils de Mapenda Seck ?
Lui, c'est mon cousin et c'est mon ami. On était tout le temps ensemble. Mais, maintenant c'est le temps qui manque. Raison pour laquelle on se voit plus comme avant. Et je profite de cette occasion pour lui dire qu'il me manque et que je pense à lui. Lui aussi est un musicien. Il est aussi pris que moi.
Envisagez-vous de faire un duo un jour avec Youssou Ndour ou Oumar Pène ?
Pourquoi pas ? Ce sont de grands musiciens et cela me ferait énormément plaisir de faire un duo avec Ismaëla Lô, Baba Maal, Thione Seck ou encore Papa Youssou Ndour. Ce sont de grands chanteurs et ce serait vraiment un honneur pour moi.
Qui est votre chanteur préféré ?
Avant tout, je suis un très grand fan de Papa Thione et j'adore Céline Dion et Amy Collé Dieng.
À part la musique, que faites-vous dans la vie?
Actuellement, je me consacre entièrement à ma musique. Mais j'ai des projets dont monter une fondation pour aider les enfants. Cela me fait toujours mal de voir ces enfants dormir dans la rue. Et j'aimerais construire une maison pour eux. C'est mon plus grand souhait, une maison où ils seront bien entretenus.
Vous avez failli être footballeur et vous avez finalement versé dans la chanson, n'avez-vous pas dé regrets ?
Non, car nul ne peut échapper à son destin. Et je me sens à l'aise dans la chanson. Je n'ai aucun regret. J'étais bon footballeur. Demandez à ceux qui m'ont connu. J’ai fait ce que je pouvais, mon père à tout fait, mais cela n’a pas abouti.
Qu'est-ce qui n'a pas marché ?
Après chaque séance d'entraînement, je restais 24h avant de prendre une douche. J'avais une blessure au pied. Et mon pied enflait après chaque séance d'entraînement.
Et qui vous a blessé ?
Voilà la blessure (il nous montre la cicatrice sur son pied droit). Un jour, l'équipe de navétane où j'évoluais jouait sa finale. Et ce jour, mon père est venu me voir dans ma chambre pour me demander de ne pas sortir de la journée. Et il avait insisté en me demandant de ne pas sortir même si on m'envoyait à la boutique. Étant jeune, sans réfléchir, je me suis dit, après le départ de mon père, que le vieux voulait juste m'empêcher de jouer la finale. Je suis allé au regroupement. Et quelque part dans la maison où l'on se regroupait, on faisait bouillir de l'eau et en passant j'ai frôlé la casserole et 1'eau s'est tombée sur ma jambe. Jamais je ne referais ça. Et c'est cette blessure qui faisait que mon pied enflait.
Vous avez un style vestimentaire assez particulier. Pourquoi vous aimez les chemises près du corps et pulls du genre ?
C'est parce que j'ai vécu en Italie et c'est leur style. Et j'aime bien cela. Ils sont les plus stylés du monde.
N'avez-vous pas peur qu'on vous mette dans une certaine catégorie...
(Il coupe) Je sais où est-ce que vous voulez en venir. Mais, ce n'est pas grave. Quand on est célèbre, on ne peut pas refuser certaines choses. L'essentiel est de ne pas donner raison à ceux qui disent cela. Moi, je porte ce que je sens.
En tant que muscien du Raam Daan, quelles relations entretenez-vous avec Thione Seck?
Une relation comme celle qu'i1 entretient avec les autres musiciens. Quand on doit travailler, on travaille et il me paie comme les autres. Maintenant à la maison, la relation entre le père et le fils reprend le dessus. Au travail, il est plus exigeant avec moi qu'avec les autres. Ce qu’il peut pardonner à tel ou tel autre musicien, il ne saurait me le pardonner. Je suis le fils d'un grand homme, un monument, un parolier donc je n’ai pas droit à l'erreur.
Votre style est presque le même que celui de votre père. Pourquoi ne pas cherchez votre propre style ?
Le sang ne ment pas. Je suis le fils de Thione Ballago Seck et c'est lui aussi qui m'a appris à chanter, il est normal que je lui ressemble. Ttoutefois, je me trouve trop loin du style de mon papa. (Il sourit, les deux mains sur la joue). Si seulement je pouvais chanter comme mon père ! Je chante suivant un style qui m'est propre. C'est cela mon style, s'il ressemble à celui de mon père, je n’y peux rien. De plus, Papa Thione ne danse pas et moi je danse.
Comment envisagez vous votre futur sans votre père à vos côtés ?
Difficile au début. Car il me réconforte et m'aide beaucoup. Des gens viennent à mes soirées pour mon père et d'autres m'aiment comme ils aiment Papa thione. et le jour où il arrêtera, je continuerai et je ne veux pas changer de groupe ou de musiciens. Je veux continuer avec le Raam-Daan.
Votre public est essentiellement composé de filles. En tant que jeune célibataire qu'est-ce qui vous lie à ces dernières ?
Je rends grace à Dieu pour cela. Je suis content d'être l'ami des jeunes filles. Car ce sont ces dernières qui attirent les garçons dans les boîtes. Et cela fait mon affaire lors de mes soirées. J'entretiens des relations saines avec elles. Ce sont mes fans et je suis leur idole. D'ailleurs, elles n'aiment pas Waly Ballago, mais plutôt la musique de Waly Ballago.
Vous avez votre premiere production sur le marché. Le titre de l'album est Voglio. Pourquoi le choix de la langue italienne ?
Parce que j’ai vécu en Italie. Et quand vous aller au bureau sénégalais des droit d'auteur, vous retrouvez toutes sortes de titres. Pour faire original, j'ai pensé à un titre italien, Voglio (1isez volio) veut dire vouloir ou encore aimer. Et ce n’est pas parce que je m'adresse à des Sénégalais que je dois parler Wolof, ce n'est pas une raison. En plus, j'avais la nostalgie de l'Italie.
Parlez-nous du contenu de l'album et des artistes qui y ont participé ?
L’album contient sept titres dont Voglio, titre éponyme de l'album, bo-dioudo, yennee, gounee, djiguene, thieuguine et Papa Thione en hommage à mon père. Hormis les artistes du Raam-Daan, Baba Amdy, Lamine Faye, Cheikh Anta, Ousmane Camara et ibou Mbaye ont participé à l'album.
Réalisé par Bigué BOB
Source Walf Grand Place