Le ministre de l’Enseignement supérieur n’entend plus tolérer que l’Université soit un giron de violence. Mary Teuw Niane l’a fait savoir hier, lors de la journée d’études sur la participation à la gouvernance universitaire et sociale qui réunissait tous les acteurs de l’enseignement supérieur. «Les manifestations répétées de violence notées dans l’espace universitaire lors des renouvellements de vos représentations et représentants sont inacceptables. Elles laissent, aujourd’hui dans l’opinion publique, une image fortement écornée de votre institution», a dit le ministre de l’Enseignement supérieur, s’adressant aux étudiants. Et Mary Teuw Niane de poursuivre : «Ces dernières années, le mouvement étudiant à l’Ucad (Université Cheikh Anta Diop de Dakar, ndlr) est régulièrement impliqué dans le rapt de bus de Dakar Dem Dikk, de séquestration d’autorités académiques et administratives, d’agressions sur vos autres camarades, de telles attitudes sont à proscrire dans l’espace universitaire qui doit s’imposer par son exemplarité citoyenne, démocratique et par son intelligence.»
Le ministre de l’Enseignement supérieur ne s’est pas limité à recadrer les étudiants. Dans la même veine, il s’est insurgé contre le comportement des enseignants «fainéants». «Les étudiantes et les étudiants ne reçoivent plus les services qu’ils sont en droit d’attendre de l’Université Cheikh Anta Diop. Beaucoup d’enseignants chercheurs ne délivrent plus le volume horaire statutaire aux étudiantes et étudiants des filières publiques de l’Université. Alors que ces derniers, impuissants, les observent préférer à celles-ci, les fonctions de services privés, voire, pire, abandonner littéralement l’université publique qui est leur employeur, pour vendre leur expertise, à côté, dans des écoles privées». Ne s’arrêtant pas à faire des constats, Mary Teuw Niane, par ailleurs ancien Recteur de l’Université de Saint-Louis, explique que l’ancien régime est le principal responsable de cette hostilité qui sévit dans l’espace universitaire. A l’en croire, le régime d’Abdoulaye Wade a tellement fait de promesses «démesurées» que la «confiance indispensable entre les différents acteurs de l’enseignement s’est dégradée». Devant cette situation, il a promis de tenir un langage de vérité avec le monde universitaire. «Le président de la République a invité le gouvernement à ne signer que des accords qu’il peut tenir dans les délais connus. C’est pourquoi vous comprendrez alors, que la langue de bois m’est étrangère et que c’est à un partenariat sincère que je vous invite.»
Embouchant la même trompette, le recteur de l’Université de Dakar, Saliou Ndiaye, souligne que la violence est «inadmissible» dans le campus universitaire. «Dans ce campus, c’est la logique de la parole, de la bonne gouvernance qui doit prévaloir. Ce qu’il faut privilégier, c’est la force de l’argument et non l’argument de la force. Ce n’est pas la force des muscles qui règle les problèmes. C’est par le dialogue et l’intelligence que les choses se règlent», indique Saliou Ndiaye qui précise qu’il n’a pas suspendu les amicales des Facultés de Lettres, de Sciences et de Droit. A l’en croire, il n’a fait qu’entériner la décision de l’assemblée de l’université. Toujours dans le registre de la violence à l’Ucad, les étudiants semblent résignés. Selon le président de l’Amicale suspendue de la Faculté des lettres, El hadj Mouhamed Lamine Seydi, il urge de changer la stratégie de lutte sans verser dans la violence. «On ne peut pas continuer à se comporter comme au 19e siècle. Nous sommes au 21e siècle, il faudra, pour nous étudiants, dans les manières de protester, revoir nos copies. Aujourd’hui, le monde entier nous regarde, ainsi que le Sénégal. Donc, c’est à nous de montrer un autre type d’étudiant, celui-là qui va revendiquer sans recourir à la violence. Les étudiants doivent revoir la devise de l’université qui est la lumière est ma voie», dit l’étudiant Seydi. Il souhaite qu’il n’y ait plus de violence dans les actes que posent les étudiants. «Zéro bus cassé, plus de violence dans nos renouvellements et je crois qu’on peut arriver à cela et c’est possible car nous sommes des intellectuels», a promis Seydi.
DECRISPATION DE L’ESPACE UNIVERSITAIRE : Les textes régissant les amicales vont changer
La journée d’études d’hier sur la participation à la gouvernance universitaire et sociale initiée par les autorités universitaires, en collaboration avec le ministère de tutelle, a été une occasion pour les acteurs de l’enseignement supérieur de modifier les textes des amicales des étudiants des différentes Facultés de l’Université de Dakar qui, disent-ils, sont obsolètes. «Si les textes qui régissent aujourd’hui les amicales, la représentation des étudiants dans les instances académiques et sociales ne sont plus appropriés, je vous invite instamment à les changer. Ce, dans une démarche participative, pour les adapter à vos réalités, sans un seul instant oublier que l’Université pense d’abord global, universel, pour mieux agir local», affirme le ministre Mary Teuw Niane, ministre de l’Enseignement supérieur. Une démarche qui a plu aux étudiants. «Le ministre a posé les jalons du changement. Même pour les amicales qui ont été suspendues, il a demandé un comité ad hoc pour un suivi. Nos textes sont en déphasage avec les réalités. Il faudrait les revoir. Les textes de 1960 ne peuvent pas prévaloir en 2013. Nous sommes parfaitement d’accord avec le changement des textes», conclut le président de l’Amicale suspendue de la Faculté des lettres, El hadji Mouhamed Lamine Seydi.
Walfadjri Mamadou GACKO
Le ministre de l’Enseignement supérieur ne s’est pas limité à recadrer les étudiants. Dans la même veine, il s’est insurgé contre le comportement des enseignants «fainéants». «Les étudiantes et les étudiants ne reçoivent plus les services qu’ils sont en droit d’attendre de l’Université Cheikh Anta Diop. Beaucoup d’enseignants chercheurs ne délivrent plus le volume horaire statutaire aux étudiantes et étudiants des filières publiques de l’Université. Alors que ces derniers, impuissants, les observent préférer à celles-ci, les fonctions de services privés, voire, pire, abandonner littéralement l’université publique qui est leur employeur, pour vendre leur expertise, à côté, dans des écoles privées». Ne s’arrêtant pas à faire des constats, Mary Teuw Niane, par ailleurs ancien Recteur de l’Université de Saint-Louis, explique que l’ancien régime est le principal responsable de cette hostilité qui sévit dans l’espace universitaire. A l’en croire, le régime d’Abdoulaye Wade a tellement fait de promesses «démesurées» que la «confiance indispensable entre les différents acteurs de l’enseignement s’est dégradée». Devant cette situation, il a promis de tenir un langage de vérité avec le monde universitaire. «Le président de la République a invité le gouvernement à ne signer que des accords qu’il peut tenir dans les délais connus. C’est pourquoi vous comprendrez alors, que la langue de bois m’est étrangère et que c’est à un partenariat sincère que je vous invite.»
Embouchant la même trompette, le recteur de l’Université de Dakar, Saliou Ndiaye, souligne que la violence est «inadmissible» dans le campus universitaire. «Dans ce campus, c’est la logique de la parole, de la bonne gouvernance qui doit prévaloir. Ce qu’il faut privilégier, c’est la force de l’argument et non l’argument de la force. Ce n’est pas la force des muscles qui règle les problèmes. C’est par le dialogue et l’intelligence que les choses se règlent», indique Saliou Ndiaye qui précise qu’il n’a pas suspendu les amicales des Facultés de Lettres, de Sciences et de Droit. A l’en croire, il n’a fait qu’entériner la décision de l’assemblée de l’université. Toujours dans le registre de la violence à l’Ucad, les étudiants semblent résignés. Selon le président de l’Amicale suspendue de la Faculté des lettres, El hadj Mouhamed Lamine Seydi, il urge de changer la stratégie de lutte sans verser dans la violence. «On ne peut pas continuer à se comporter comme au 19e siècle. Nous sommes au 21e siècle, il faudra, pour nous étudiants, dans les manières de protester, revoir nos copies. Aujourd’hui, le monde entier nous regarde, ainsi que le Sénégal. Donc, c’est à nous de montrer un autre type d’étudiant, celui-là qui va revendiquer sans recourir à la violence. Les étudiants doivent revoir la devise de l’université qui est la lumière est ma voie», dit l’étudiant Seydi. Il souhaite qu’il n’y ait plus de violence dans les actes que posent les étudiants. «Zéro bus cassé, plus de violence dans nos renouvellements et je crois qu’on peut arriver à cela et c’est possible car nous sommes des intellectuels», a promis Seydi.
DECRISPATION DE L’ESPACE UNIVERSITAIRE : Les textes régissant les amicales vont changer
La journée d’études d’hier sur la participation à la gouvernance universitaire et sociale initiée par les autorités universitaires, en collaboration avec le ministère de tutelle, a été une occasion pour les acteurs de l’enseignement supérieur de modifier les textes des amicales des étudiants des différentes Facultés de l’Université de Dakar qui, disent-ils, sont obsolètes. «Si les textes qui régissent aujourd’hui les amicales, la représentation des étudiants dans les instances académiques et sociales ne sont plus appropriés, je vous invite instamment à les changer. Ce, dans une démarche participative, pour les adapter à vos réalités, sans un seul instant oublier que l’Université pense d’abord global, universel, pour mieux agir local», affirme le ministre Mary Teuw Niane, ministre de l’Enseignement supérieur. Une démarche qui a plu aux étudiants. «Le ministre a posé les jalons du changement. Même pour les amicales qui ont été suspendues, il a demandé un comité ad hoc pour un suivi. Nos textes sont en déphasage avec les réalités. Il faudrait les revoir. Les textes de 1960 ne peuvent pas prévaloir en 2013. Nous sommes parfaitement d’accord avec le changement des textes», conclut le président de l’Amicale suspendue de la Faculté des lettres, El hadji Mouhamed Lamine Seydi.
Walfadjri Mamadou GACKO
Université Cheikh Anta Diop : Marie Teuw Niane déclare la guerre aux fauteurs de troubles